Quel est mon quotidien d’UX/UI designer ? (+guest)

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Je reçois, très souvent, des demandes de personnes en reconversions ou des étudiants qui cherchent à en savoir plus sur mon quotidien d’UX/UI designer.

Chacun a sa façon de travailler, ses petits rituels et ses petites habitudes, j’ai proposé à plusieurs designers de nous partager leur quotidien .

Un grand merci à Anne-Sophie, Marion, Manon et Ibtissam d’avoir répondu à mes questions.

Anne-Sophie Guillou – UX Researcher Freelance

Je suis Anne-Sophie Guillou. Je travaille en tant qu’UX researcher free-lance depuis cet automne et avant j’ai travaillé en tant que salariée dans le UX chez Clarins à Paris et chez Adviso (agence digitale) à Montréal. En tout je fais de l’UX et du digital depuis plus de 6 ans. Ma semaine dépend de mes missions. En ce moment je travaille 3 jours par semaine pour un client dans le domaine de la publicité en ligne et 2 jours par semaine pour une agence. Pour le client dans la publicité, mes journées sont rythmées par des séances de travail en commun avec les équipes internes pour la mise en place des protocoles de tests et entretiens et par des meetings avec d’autres équipes. Ensuite nous passerons aux entretiens utilisateurs puis à l’analyse. Pour l’agence, mes tâches varient d’un jour à l’autre en fonction des besoins : audit, wireframe, protocole de tests, tests utilisateurs etc.

Le principal challenge en tant qu’indépendante, pour moi, est le fait de ne pas avoir de personnes pour challenger ma pratique sur certains projets.Et autrement il faut aussi jongler entre les périodes moins actives (sans mandats) et les périodes très actives (trop de sollicitations ).  

Les conseils que je pourrais donner à un UX/UI designer junior peuvent être variés en fonction des problématiques auxquelles ils font face.Si c’est un manque d’expérience : beaucoup lire, écouter de podcasts, participer à des meetups ou conférences sur le domaine car il en existe plein!Si c’est un manque d’activité : il existe des sites de mise en relation entre les ux avec de la disponibilité et des associations avec des besoins. Cela permet d’être actifs, bénévolement, et ainsi de se faire de l’expérience concrète et pertinente pour aider à se vendre en entretien ou en tant que free-lance.Si c’est un manque de formation : prenez la formation de Mélodie Mancipoz ! De mon côté cela m’a aidé à consolider les bases et à échanger avec des ux qui déchirent pour toujours s’améliorer et aller plus loin.

Marion Massot – UX designer salariée

Hello ! Je suis Marion Massot et je travaille pour l’Experience Center d’un grand cabinet d’audit en tant que salariée depuis un an à Luxembourg. L’avantage que j’ai trouvé dans mon métier, c’est que l’on ne s’ennuie jamais ! Même si on utilise les mêmes méthodes, chaque situation et chaque humain est différent. Mais sinon, une semaine type dans mon entreprise c’est :

En terme de management :
• 30mn de meeting d’équipe du lundi au jeudi pour savoir si tout va bien, s’il y a des points bloquants ou annoncer une nouvelle
• 1h de rétrospective d’équipe pour partager nos impressions sur la semaine achevée (les projets sur lesquels on a travaillé, les moments géniaux, les moments nazes et ce que l’on prévoit pour la semaine d’après)

En tant que designer :
• tous les jours un peu de veille sur les sites de designs et l’actualité
• checker les posts Linkedin
• de la UX Research (interviews, analyse, journey map…)
• des tests utilisateurs
• de l’animation de workshops en ligne

Le gros challenge que je rencontre le plus souvent, c’est la méconnaissance à propos du design. Non, je ne suis pas une artiste. Je ne sais pas du tout dessiner avec un crayon ! Et même si la créativité est une compétence très importante dans notre métier et que l’on pratique la recherche littéraire, je reste avant tout une scientifique qui utilise des méthodes précises, avec un niveau d’exigence objective (même si les biais sont inévitables) et qui analyse des données empiriques. Je ne suis pas une magicienne qui fait apparaître des idées innovantes de son chapeau en un claquement de doigt !   Voici le conseil que j’aurais aimé que l’on me donne quand j’étais junior : “Agir comme si on était le/la designer que l’on aurait souhaité avoir à ses côtés lorsque l’on était étudiant. »  

Comment me joindre sur les internets :
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Manon Lay UX/UI designer salariée

Je m’appelle Manon, je suis UI/UX Designer salariée chez Talan. J’ai réalisé mes trois dernières années d’études en alternance, entre autres dans le Master Expert en Stratégie Digitale – Option UX de l’école Digital Campus de Labège. J’exerce ce métier depuis 3 ans maintenant (5 ans si on compte l’alternance), et je l’adore.  

Il n’y a pas vraiment de semaine type dans le métier d’UI/UX Designer.Pour mon cas, cela dépend des clients avec lesquels je travaille, et des projets qui sont plus ou moins longs.
Les thématiques peuvent être variées, par exemple : questionnaire/interview client, wireframing, atelier de co-création, création d’une interface UI, déclinaisons graphiques, mise en place d’un design system… Mais ma journée commence toujours par répondre au mail des clients, vérifier que mon planning est à jour et m’attaquer aux tâches sur ma to do list (#organisation).

Pour moi, un des challenges principal, est d’arriver à bien comprendre les besoins du client et le domaine dans lequel il travaille (l’aspect métier). La phase de brief avec le client est toujours primordiale avant de démarrer un projet. Néanmoins, la diversité de clients que j’ai rencontré m’a permis de pouvoir faire du design dans des domaines variés.  

Si j’ai un conseil à donner aux UI/UX Designer Junior, c’est de pratiquer le plus possible (que ce soit via un stage/alternance ou via des projets personnels). Je suis convaincue qu’un stage/alternance crée vraiment de la valeur ajoutée à un parcours parce que cela permet d’être plongé dans le monde du travail et de travailler sur des projets réels. Mais la création de projet personnel (par exemple le re-design d’application ou de site web), ne peux être que bénéfique pour mettre en pratique ses compétences. Je rajouterai aussi que la veille (digitale ou pas!) est un aspect important du métier, pour moi, le fait d’en faire régulièrement permet de rester à jour sur toutes les nouveautés et surtout de nourrir sa créativité.    

Comment me retrouvez sur internet :
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Ibtissam Sakhi – UX/UI designer salariée

Je m’appelle Ibtissam Sakhi et dès 21 ans, je me suis embarquée dans l’une des plus enrichissantes expériences de ma vie : le numérique…et ce depuis plus de 20 ans  Je me suis « éclatée » professionnellement à des fonctions de design, de gestion de projets, de Digital Marketing et de conception. Au Maroc et ailleurs.Actuellement, je suis salariée à temps plein, dans la DSI Afrique d’un groupe bancaire, où j’exerce en tant que consultante en design d’expérience. Mon rôle est de concevoir des solutions digitales de bout en bout en plaçant au centre de mes projets, l’expérience utilisateur. Et aussi de sensibiliser et d’acculturer au design thinking dans le but d’appréhender et de comprendre les atouts de cette approche.

Mes journées et semaines varient selon le mode dans lequel je suis. Cela crée une dynamique et une variété qui me fait vraiment aimer mon travail. Et donc …En mode design sprint, on va organiser des ateliers, on fait dessiner, travailler comme à l’école tous les métiers, pour en ressortir des idées et voir comment les utilisateurs finaux voient telle ou tel scénario d’usage. En mode conception, je suis impliquée dans les rituels et rétrospectives de l’équipe projet. Mes journées démarrent avec un stand-up en équipe où je raconte ce que je vais faire dans la journée et ce que j’ai fait la veille. Et là, mes journées se passent entre des ateliers de co-design, mon écran, mon carnet à concevoir un prototype, des parcours utilisateurs, des flowcharts, une architecture de l’information et tout autre élément aidant à réaliser le produit ou à digitaliser un process. J’évolue dans le projet en cycles courts, incrémentales et itératifs. J’ai un backlog design dynamique, que je met à jour au fil de l’eau.En mode acculturation, ma journée démarre avec une session de sensibilisation au Design Thinking et cela passe par des jeux pour comprendre la pensée design et comprendre les biais cognitifs, quizz, puis de l’expérimentation autour de use cases pas forcement liées au monde de l’IT ou à la banque. L’objectif est d’apprendre les pratiques du design en jouant .

Le challenge que je rencontre est le fait d’adapter le process design à l’accompagnement des équipes pour replacer l’humain au centre de leur démarche. Je sors de ma zone de confort : il ne s’agit pas d’interfaces, ni de produits, ni de process, mais des humains, de vrais humains. De changer leurs habitudes, leurs façons de faire. Comme il est important de ne pas les brusquer, on essaye d’aller vers une rupture avec les modes tradi …en douceur.J’ai fait beaucoup d’observation, des interviews, je me suis rapprochée des équipes et individus que j’ai accompagné pour les écouter, et donc identifier les aspiration et les désirs vraiment profonds de ces personnes. Je suis allée les observer et tracer le scénario de leur journée de travail. Et ça c’est extrêmement important, parce que nous avons tous des Intuitions. Nous imaginons que nous savons, que nous pouvons facilement nous mettre à la place de tel ou tel profil. Mais notre point de vue sera toujours biaisé par notre façon de faire, par notre propre vécu et par nos propres limites. Donc vaut mieux aller les interroger, les écouter, les observer…réellement. Après un élément extrêmement important aussi, c’est justement le contexte dans lequel tout cela se passe. Et on dit «  Culture eats strategy for breakfast. » Parce qu’on peut proposer des solutions et faire des recommandations, sauf que les gens sont extrêmement influencé par les patterns selon lesquels ils fonctionnent habituellement et leur culture. Je m’en suis sortie aussi en utilisant plusieurs outils qui existent dans le design centré sur l’humain… Par exemple : l’empathie map, les personnae, les customer journeys, l’experience map…

Si j’ai un conseil à donner à un UX/UI designer junior c’est de prendre un maximum d’idées au jour le jour sur n’importe quel support et de mettre rapidement en pratique leur apprentissage.Je me rappelle de mon premier stage, je me suis retrouvée sans prof, sans guide et des projets concrets. Il fallait répondre à de vraies problématiques et rencontrer de vrais utilisateurs. Ce qui était génial en fait  et donc…au delà des outils, des méthodes, j’ai surtout appris à m’adapter à ce nouveau mode de fonctionnement et à sortir complètement de ma zone de confort. Cela m’arrive encore lorsque je change de boulot ou de mission. Le process design n’est pas linéaire, n’est pas une méthode et n’est pas figé, il est flexible, il s’adapte au contexte et c’est tant mieux par ce qu’on ne s’ennuie pas. Et puis, il est important de ne pas rester seul, et donc, aller se rapprocher des communautés de designers comme Flupa, ou Ladies that UX. De suivre des designers seniors à travers leur blogs ou podcast. Et puis de lire des livres sur le design et continuer à se former parce qu’il y a toujours moyen d’en apprendre plus.

Vous pouvez me suivre sur mon podcast UX NATION

Tiffany Brillard – UX/UI designer freelance

Je suis Tiffany Brillard, UX/UI designer indépendante depuis plus de 3 ans. Je suis basée à Toulouse et je travaille pour des entreprises un peu partout en France. Je m’occupe de la création et refonte d’applications mobile et web en me focalisant sur l’expérience utilisateur. Mon travail consiste donc à rendre les app mobile et web ergonomique, intuitive, simple d’utilisation avec un design moderne et tendance. Parallèlement à ça, je donne des cours notamment sur le thème du design thinking. Transmettre et partager mon savoir est vraiment quelque chose qui me passionne et me fait grandir.  

Je n’ai pas de journée ou semaine type, ça dépend vraiment de l’étape sur laquelle je suis dans un projet. C’est l’une des raison pour lesquelles j’aime autant ce métier. Je ne m’ennuie jamais !
Dans une même semaine, je peux réaliser l’audit d’un site ou d’une application, mener des interviews utilisateurs, concevoir un parcours utilisateur, créer de wireframes, de maquettes ou encore préparer un cours.
Par contre, il y a des choses redondantes d’une semaine sur l’autre… La gestion de mon entreprise ! Ca passe par la compta, la communication ou encore la prospection. Toutes ces tâches doivent être intégrer à mon planning en plus des tâches liées aux projets clients.  

Ma principale difficulté, sur le plan entrepreneurial, est l’isolement lié à mon statut d’indépendante. C’est parfois très difficile à gérer, et encore plus en cette période de confinement plus ou moins strict. C’est pourquoi, de temps en temps, je fais des sessions de co-working avec des amies indépendantes.Sur le plan purement métier, bien comprendre les besoins et les attentes du clients est mon plus grand challenge au quotidien. Cette compréhension est la base de la réussite d’un projet ! C’est donc très important de poser toutes les questions nécessaires et ne pas hésiter à reformuler pour être sur d’avoir bien compris .  

Si je devais donner des conseils à un UX/UI designer junior se serait de se former encore et toujours. Il y a toujours un quelque chose à apprendre, un nouvel outil à apprivoiser, une nouvelle méthode à mettre en pratique. Il est pour moi indispensable de faire de la veille pour connaître les dernières tendances en matière de design par exemple et lire des livres, articles de blog ou même écouter des podcasts.